Le seuil de rentabilité, aussi appelé point mort, correspond au chiffre d’affaires à partir duquel une entreprise ne réalise ni perte ni bénéfice. En dessous, l’activité est déficitaire ; au-dessus, elle devient profitable. C’est l’un des indicateurs les plus utiles pour piloter une entreprise, que ce soit à la création ou en phase de développement.
La formule de calcul
Le seuil de rentabilité se calcule ainsi : charges fixes annuelles divisées par le taux de marge sur coût variable. Deux notions doivent être maîtrisées avant d’appliquer cette formule.
- Les charges fixes sont indépendantes du niveau d’activité : loyer, assurances, honoraires comptables, salaires fixes, intérêts d’emprunt
- Les charges variables évoluent avec le chiffre d’affaires : achats de matières premières, frais de transport, fournitures consommables
Le taux de marge sur coût variable s’obtient en divisant la marge sur coût variable (chiffre d’affaires moins charges variables) par le chiffre d’affaires lui-même.
Un exemple chiffré
Prenons une entreprise qui réalise 500 000 € de chiffre d’affaires, avec 60 000 € de charges fixes et 90 000 € de charges variables.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Marge sur coût variable | 500 000 − 90 000 | 410 000 € |
| Taux de marge sur coût variable | 410 000 / 500 000 | 0,82 |
| Seuil de rentabilité | 60 000 / 0,82 | 73 171 € |
Cette entreprise atteint donc l’équilibre dès 73 171 € de chiffre d’affaires. Au-delà, chaque euro supplémentaire contribue directement au bénéfice.
Le point mort, une notion complémentaire
Le point mort indique à quelle date dans l’année le seuil de rentabilité est atteint, exprimé en nombre de jours. Il se calcule en divisant le seuil de rentabilité par le chiffre d’affaires journalier moyen. Un point mort atteint tôt dans l’année signale une activité solide avec une bonne marge de sécurité sur le reste de la période.
Pourquoi recalculer régulièrement ce seuil
Le seuil de rentabilité n’est pas figé : il évolue avec chaque changement structurel de l’entreprise, qu’il s’agisse d’un déménagement vers des locaux plus grands, d’un recrutement ou d’un investissement dans du nouveau matériel. Un recalcul au moins annuel, idéalement au moment du prévisionnel, permet d’ajuster les objectifs commerciaux en conséquence et d’anticiper plutôt que de subir une hausse des charges fixes.
Pour sécuriser ce calcul, il reste conseillé d’ajouter une marge de sécurité de 5 à 10 % sur les charges fixes estimées, histoire d’absorber une augmentation imprévue des coûts sans remettre en cause tout l’équilibre financier de l’entreprise.
Rédacteur en chef, Le Mag Entreprise
Rédacteur en chef du Mag Entreprise, il suit la gestion, l'équipement et le quotidien des TPE et PME.




